Si vous croyez que la Bible est la Parole de Dieu, que
Dieu existe, et qu’en même temps vous pensez qu’il n’est pas important
d’étudier la théologie, vous êtes dans une forme de confusion. À moins d’avoir
le projet de vous plonger dans cette magnifique discipline, vous commettez une
grave erreur spirituelle en rejetant un domaine qui vous serait pourtant
extrêmement utile dans la recherche de la vérité et dans la connaissance de
Dieu, de ses relations avec l’humanité, depuis la création jusqu’à la fin des temps.
Heureusement, vous êtes encore en train de lire ces
lignes, qui vous aideront d’abord à comprendre la portée de cette étude,
ensuite à sortir de la confusion, et enfin à vous engager dans l’apprentissage
de la théologie.
Faute de
connaissance !
Commençons par ce verset que vous connaissez
certainement: « Mon peuple est détruit, parce qu’il lui manque la connaissance
» (Osée 4.6). Ce passage souligne l’urgence de ne pas négliger l’étude de la
théologie. En effet, nul ne sait tout. Socrate, philosophe grec célèbre et
largement étudié, a dit un jour: « Tout
ce que je sais, c’est que je ne sais rien. » Cette citation invite chacun à
s’ouvrir à la connaissance en remettant en question ses certitudes.
Alors, si vous pensez savoir suffisamment pour ne pas
chercher à comprendre les raisons d’étudier la théologie, c’est que vous croyez
tout savoir. Et si ce n’est pas le cas, je vous invite à poursuivre votre
lecture dans le paragraphe suivant.
Qu’est-ce
que la Bible?
La Bible, comme vous et moi le
savons, est la Parole de Dieu. Mais qu’est-ce qui nous prouve qu’elle l’est
vraiment? Entre nous qui comprenons le français, nous savons bien que la Bible
n’a pas été écrite en français. On nous a appris qu’elle a été rédigée en trois
langues différentes, sur une période de mille cinq cents ans: l’hébreu,
l’araméen et le grec.
Ainsi, cette Bible que nous
appelons depuis des siècles « Parole de Dieu » en français est en réalité une
traduction. Zut! Qui a eu cette idée, et surtout cette capacité de traduire
soixante-six livres, écrits dans trois langues, sur quinze siècles, en une
seule langue? Pourtant, cela a bel et bien eu lieu. C’est le suisse Louis
Segond (1810–1885) qui l’a accompli. Théologien, pasteur protestant et
professeur d’hébreu et d’Ancien Testament, pour ne citer que ces fonctions, il
a marqué l’histoire biblique francophone.
Attention! Ce n’est pas lui qui
a décidé de faire ce travail de son propre chef. Il a été officiellement chargé
par la Compagnie des Pasteurs de Genève de traduire la Bible en français à
partir des textes originaux en hébreu et en grec.
Et grâce à ce travail
monumental, des générations de croyants francophones ont pu lire, méditer et
vivre la Parole de Dieu dans leur propre langue.
La Bible et la théologie
La Bible n’a pas été traduite
par n’importe qui. Ce fut un théologien. Jusqu’en 2002, cette traduction a été
révisée pour s’adapter à l’évolution de la langue française. Prenons par
exemple ce verset bien connu:
Louis Segond 1910
« Car Dieu a tant aimé le monde
qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse POINT,
mais qu’il ait la vie éternelle. »
Segond 21 (2010)
« En effet, Dieu a tant aimé le
monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse
PAS, mais ait la vie éternelle. »
Avez-vous remarqué deux
corrections? L’adverbe « point » dans la version de 1910 devient « pas » en
2010. Et le « qu’il » a disparu. Pourquoi ces modifications? Ne lit-on pas dans
la Bible que nous ne devons ni retrancher ni ajouter? Eh bien oui! C'est écrit en Apocalypse 22:18-19. Alors,
pourquoi le fait-on quand même?
En étudiant la théologie, vous
comprendrez que traduire n’est pas trahir, mais adapter. Il ne s’agit pas de
changer le message, mais de le rendre compréhensible à chaque génération. La
langue évolue, et pour que la Parole reste vivante, elle doit être exprimée
dans un langage que le peuple comprend.
C’est comme pour Les Chants
d’Espérance, dont l’édition 2020 a remplacé « Byen kontan pou m fè sèvis ou »
par « Mwen byen kontan pou m sèvi ou » au numéro 4 du Chan Desperans Kreyòl. Le
message reste le même, mais la formulation devient plus naturelle pour les
fidèles d’aujourd’hui.
Sortir de la confusion
Si ces exemples vous ont amené
à penser que la Bible n’est plus crédible, ou si vous doutez de mes modestes
démonstrations, je peux le comprendre. Cependant, et c’est là toute l’urgence, il
est essentiel d’étudier la théologie. Car plus vous avancerez dans cette
discipline, plus vous découvrirez des éléments qui vous étonneront, parfois
jusqu’à ébranler votre confiance en cette Parole que l’on appelle “Parole de
Dieu”.
Mais ce n’est pas pour vous
éloigner de la foi, c’est pour vous ancrer plus profondément dans une
compréhension éclairée, solide et spirituellement mature.
En conclusion…
La Bible que vous lisez, quelle
que soit sa langue, n’aurait jamais été possible sans la théologie. Oups!
J’allais oublier de vous dire que même « Bib la » (1998), la
traduction créole, a été révisée. En attendant, sachez que la conjonction « car
», traduite en 1998 par « paske », n’apparaît plus dans la version de 2019.
Alors, si vous n’étudiez pas la
théologie pour comprendre votre foi et le plan de Dieu pour votre vie, vous
avez laissé les théologiens faire ce travail à votre place. Et je dois vous dire
sincèrement que vous avez longtemps utilisé leur labeur à votre avantage, sans
en mesurer la profondeur.
Dans le prochain texte, nous
parlerons de l’importance capitale de la théologie dans l’Église locale. Vous
serez surpris d’apprendre des vérités qui vous ont échappé depuis votre
conversion. Car seule la théologie peut vous les dévoiler.
Alors, à bientôt!
Jérôme Dorsonne Emerson
Votre humble serviteur en Jésus-Christ
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